La forêt
La forêt du Domaine de la Trigalière s’étend sur plus de 1200 hectares d’un seul tenant, au cœur de la Touraine.
Elle est structurée par le Bréneau, rivière qui traverse le domaine du nord au sud et alimente un réseau d’étangs représentant près de 50 hectares.
Ce territoire compose une mosaïque de milieux, où coexistent peuplements résineux, feuillus et zones à caractère plus spontané.
Cette diversité en fait un paysage à la fois cohérent et profondément vivant.
Une forêt de diversité
La forêt de la Trigalière repose sur un équilibre entre différentes essences.
Les peuplements résineux — pins maritimes, sylvestres et laricio — côtoient des ensembles feuillus dominés par les chênes (tauzins et rouvres) et les bouleaux.
Des introductions ponctuelles viennent enrichir cette base, notamment certaines essences adaptées aux évolutions climatiques ou utilisées dans une logique paysagère.
Cette diversité permetde renforcer la résilience du massif, de varier les structures forestière et d’inscrire la forêt dans une dynamique d’adaptation.
Une gestion en couvert continu
La gestion forestière s’inscrit dans les principes de la sylviculture à couvert continu (Pro Silva).
Elle repose sur une idée simple : accompagner la forêt plutôt que la contraindre.
Concrètement, cela implique :
l’absence de coupe rase,
le maintien permanent du couvert forestier,
le développement de futaies irrégulières,
des interventions légères et espacées dans le temps.
Les parcelles sont travaillées en moyenne tous les dix ans, à travers des coupes d’amélioration visant à favoriser les arbres d’avenir.
La régénération se fait principalement par semis, naturel ou accompagné, afin de conserver la dynamique propre au milieu.
Une biodiversité vivante
La forêt est un écosystème complexe, façonné par l’ensemble de ses habitants.
La présence d’une population importante de cervidés — environ 300 cerfs et biches — influence directement la régénération des jeunes arbres.
Pour accompagner cet équilibre, des parcs de régénération de 5 à 10 hectares sont mis en place afin de protéger les jeunes pousses.
Les sols, riches et actifs, permettent également le développement d’une diversité fongique importante, notamment cèpes et girolles, témoins d’un milieu forestier en bonne santé.
Un paysage construit dans le paysage
Au-delà de sa dimension sylvicole, la forêt fait l’objet d’un travail paysager à différentes échelles.
Des essences sont ponctuellement introduites pour créer des contrastes de formes et de couleurs, notamment à l’automne.
Des perspectives sont ouvertes, des variations sont créées.
L’objectif est de construire un paysage dans le grand paysage :
une forêt productive, mais aussi lisible, sensible et évolutive.
Une forêt inscrite dans le temps long
Le paysage actuel de la Trigalière est le fruit de plusieurs siècles d’évolution.
Après l’assèchement des marais à partir du XVe siècle, le territoire s’organise progressivement autour d’un équilibre entre chênes, landes et prairies.
Au XIXe siècle, les résineux sont introduits, notamment pour le gemmage.
Dans les années 1960, un incendie majeur conduit à une reconstitution importante du massif, principalement en pin maritime.
Depuis les années 2000, la gestion évolue vers davantage de diversité et une meilleure intégration des enjeux écologiques.
Une forêt en évolution
Aujourd’hui, la forêt de la Trigalière est à la fois un espace de production, un paysage structuré, un écosystème actif.
Elle constitue le socle du projet du Domaine et le support du développement de l’arboretum.
Les orientations à long terme visent à :
renforcer la diversité des essences,
améliorer la résilience face aux évolutions climatiques,
développer les fonctions pédagogiques et d’accueil,
articuler plus étroitement production forestière et observation du vivant.
Une forêt à partager
La forêt de la Trigalière est pensée comme un lieu ouvert.
Un lieu où l’on peut marcher, observer, comprendre.
Un lieu où l’on prend le temps.
Au-delà de sa gestion et de sa production, elle porte une ambition plus large :
celle de devenir un espace de transmission, où la forêt n’est pas seulement regardée, mais comprise.